Par Jean-Luc Kienge
Félix Tshisekedi, dans une double défaite – militaire et numérique
Alors que la situation sécuritaire à l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) continue de se détériorer, Félix Tshisekedi subit des revers non seulement sur le terrain militaire, mais aussi sur le front numérique. Après la débâcle de Goma, qui semble désormais hors de son contrôle, Bukavu pourrait bientôt basculer, marquant une nouvelle humiliation pour le régime en place. Mais au-delà de l’échec militaire, Tshisekedi a également perdu la guerre numérique, piégé par une communication désastreuse et des stratégies inefficaces pilotées par une équipe d’incompétents recrutés à la présidence.
Depuis plusieurs mois, la situation à l’Est de la RDC est hors de contrôle. Le M23 et ses alliés progressent inexorablement, infligeant défaite après défaite aux Forces armées congolaises (FARDC), affaiblies par une corruption endémique, un manque de logistique et une coordination chaotique.
Goma, un centre stratégique, est aujourd’hui aux mains des forces rebelles, tandis que Bukavu pourrait être la prochaine cible. Félix Tshisekedi, qui avait promis de « pacifier l’Est », se retrouve face à un échec cuisant. Sa rhétorique guerrière et ses alliances douteuses avec des mercenaires étrangers n’ont fait qu’accélérer sa perte de crédibilité.
Une communication numérique catastrophique : des « morpions » à la présidence
Si la déroute militaire était prévisible, celle du front numérique est encore plus frappante. À l’ère des réseaux sociaux, où l’information circule à une vitesse fulgurante, Tshisekedi et son équipe n’ont jamais su prendre la mesure de l’importance de la guerre médiatique.
Plutôt que de construire une stratégie digitale cohérente, la présidence s’est entourée de « morpions », des pseudo-communicants sans vision, sans compétences et totalement déconnectés des réalités du terrain. Le résultat ? Une communication officielle brouillonne, contradictoire et parfois risible, qui a renforcé la méfiance de la population au lieu de restaurer la confiance.
Dans cette guerre numérique, les Congolais ne sont plus dupes. Chaque jour, des vidéos, des témoignages et des révélations circulent sur TikTok, X (Twitter), Facebook et WhatsApp, exposant l’impuissance du gouvernement. Les tentatives de censure et de désinformation orchestrées par la présidence ont échoué, car l’information trouve toujours son chemin.
Le contraste est saisissant : alors que les opposants et les mouvements rebelles utilisent efficacement les plateformes numériques pour mobiliser l’opinion et révéler la réalité du terrain, le gouvernement congolais s’enfonce dans une communication archaïque, décalée et parfois ridicule.
Tshisekedi, un président dépassé par la réalité numérique
Félix Tshisekedi n’a pas seulement perdu la guerre sur le terrain militaire, il a aussi perdu la bataille numérique. Son incapacité à comprendre l’importance des médias modernes et des stratégies digitales a contribué à son isolement, tant au niveau national qu’international.
À quelques mois d’une nouvelle crise politique et sécuritaire majeure, le président congolais semble acculé, incapable de reprendre le contrôle de la situation. Son régime vacille, et l’histoire a souvent montré qu’un pouvoir qui perd la guerre de l’information est un pouvoir condamné.
L’avenir nous dira si Félix Tshisekedi trouvera une issue à cette impasse. Mais une chose est sûre : les Congolais, eux, ne sont plus dupes et savent où trouver la vérité, loin des « morpions » de la présidence.
