L’Iran a tiré mardi une nouvelle salve de missiles sur Israël, provoquant dégâts et blessés à Tel-Aviv, alors que le flou demeure sur d’éventuelles négociations entre Iran et États-Unis pour mettre fin à la guerre au Proche-Orient.
Il faut être deux pour discuter et nul ne sait qui représente la partie iranienne. Donald Trump affirme que son administration s’entretient avec un haut dirigeant
non identifié, et s’est donné cinq jours pour progresser avant de reprendre les bombardements.
Mais Mohammad Bagher Ghalibaf, le président du Parlement iranien, présenté par le site d’informations Axios comme l’interlocuteur, a démenti avec force alors que le conflit est entré dans sa quatrième semaine et paralyse une partie du transport mondial des hydrocarbures.
Aucune négociation
n’a débuté, a-t-il déclaré sur X, dénonçant de fausses informations […] pour manipuler les marchés financiers et pétroliers et sortir du bourbier dans lequel les États-Unis et Israël sont enlisés
.
https://datawrapper.dwcdn.net/3LS0S/3/AILLEURS SUR INFO : Visions divergentes dans un Liban en guerre
En attendant que se dissipe ce brouillard, les combats se poursuivent. Des images de l’AFP montraient des rues jonchées de débris mardi matin à Tel-Aviv, tandis que les secours venaient en aide à au moins quatre blessés.
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La frappe dans un quartier cossu du nord de la capitale économique israélienne a éventré la façade d’un immeuble ancien de trois étages, selon un journaliste de l’AFP présent sur les lieux.
Selon plusieurs médias israéliens, la police évoque un missile à sous-munitions, doté de trois à quatre têtes chargées chacune d’une centaine de kilos d’explosif. L’armée israélienne a aussi dépêché des soldats dans le sud du pays après un signalement d’impacts.
Nouvelles frappes au Liban

Un homme passe devant des débris sur le site d’une frappe aérienne israélienne nocturne dans la banlieue sud de Beyrouth, à Bir el-Abed, le 24 mars 2026.
Photo : Getty Images / AFP / STR
La nuit a aussi donné lieu à des raids israéliens dans la banlieue sud de Beyrouth, considérée comme un bastion du mouvement pro-iranien Hezbollah, mais aussi plus au sud, à Bechamoun, faisant deux morts selon le gouvernement libanais.
L’armée israélienne va aussi s’emparer d’une zone dans le sud du Liban courant de la frontière jusqu’au fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres plus au nord, pour assurer sa sécurité, a annoncé mardi le ministre de la Défense, Israël Katz.
Les centaines de milliers de résidents du sud du Liban qui ont été évacués vers le nord ne retourneront pas au sud du Litani tant que la sécurité des habitants du nord [d’Israël] ne sera pas assurée
, a encore dit M. Katz.
Par ailleurs, le Liban a annoncé qu’il retirait l’accréditation de l’ambassadeur d’Iran à Beyrouth, et lui a donné jusqu’à dimanche pour quitter le pays. Il avait été nommé à ce poste en février.
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Le Pakistan dans le jeu?
Les informations non confirmées de discussions continuent d’émerger ici et là, poussant timidement à la hausse les bourses européennes et à la baisse le prix du pétrole.
Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a affirmé que Donald Trump estimait possible un accord qui [préserverait les] intérêts vitaux
de son pays. Parallèlement, nous continuons à frapper à la fois en Iran et au Liban
.
Côté iranien, le ministère des Affaires étrangères a nié lundi toute négociation
. Mais il a reconnu avoir reçu, via des pays amis
, des messages transmettant une demande américaine de négociations
.
Certains médias ont évoqué la possibilité que le Pakistan joue un rôle. La porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, n’a pas démenti, mais a répondu que de telles rumeurs
ne devaient pas être considérées comme avérées
avant d’être officiellement annoncées Washington.
De son côté, le premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a promis d’aider Téhéran pour ramener la paix dans la région.

Shehbaz Sharif prend la parole lors de l’Assemblée générale des Nations unies, le 26 septembre 2025, à New York.
Photo : Getty Images / Michael M. Santiago
S’il reste à confirmer, l’implication d’Islamabad aurait du sens, estime Michael Kugelman, expert de l’Asie du Sud à l’Atlantic Council. Le Pakistan est l’un des rares pays à entretenir des relations chaleureuses à la fois avec Téhéran et Washington
et il représente les intérêts diplomatiques de Téhéran à Washington
, où l’Iran ne dispose pas d’ambassade.
Illisible volte-face de Trump
Toutes ces rumeurs et suppositions interviennent après un enchaînement de déclarations contradictoires du président américain.
Sur son réseau Truth Social, Donald Trump a d’abord retardé de cinq jours
des frappes qu’il menaçait de lancer sur le réseau électrique de l’Iran si ce dernier refusait de débloquer le détroit d’Ormuz, voie stratégique pour l’approvisionnement mondial en hydrocarbures.
Il a ensuite affirmé que Washington et Téhéran avaient trouvé des points d’accord majeurs
lors de négociations menées avec un haut dirigeant
, qu’il n’a pas nommé, mais dont il a précisé qu’il n’était pas le nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei.
Puis il a menacé de continuer à bombarder allègrement
la République islamique si les négociations échouaient.
Tôt mardi, l’agence de presse iranienne Fars a signalé des frappes israélo-américaines sur des infrastructures énergétiques à Ispahan (centre) et Khorramshahr (sud-ouest).
De leur côté, les médias d’État iraniens ont publié une liste de cibles potentielles dans les pays voisins, dont les deux principales centrales électriques d’Israël, Téhéran affirmant en parallèle être moins vulnérable à de telles attaques contre ses installations électriques que le reste de la région.
Nous produisons de l’électricité […] à divers endroits, contrairement aux pays du Golfe persique et au régime sioniste [Israël, NDLR] où la production est centralisée et très vulnérable
, a déclaré le ministre iranien de l’Énergie Abbas Aliabadi à la télévision d’État.
