Rachat de Warner par Netflix : James Cameron tire la sonnette d’alarme

Le directeur pose à l'extérieur.

James Cameron a affiché par le passé sa préférence pour Paramount comme éventuel acquéreur de Warner Bros. Discovery.

Photo : afp via getty images / MARTY MELVILLE

Publié à 13 h 20 HNE

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Dans une lettre adressée au sénateur républicain Mike Lee, le cinéaste canadien James Cameron soutient qu’un éventuel rachat de Warner Bros. Discovery (WBD) par Netflix serait « désastreux » et porterait un dur coup aux salles de cinéma, entraînant d’importantes pertes d’emploi.

Mike Lee, sénateur républicain de l’Utah, préside la sous-commission du Sénat sur l’antitrust, qui a tenu une audience le 3 février pour examiner les effets potentiels de la transaction entre Netflix et Warner Bros.

Dans sa lettre datée du 10 février, obtenue par CNBC, le réalisateur de Titanic et de la saga Avatar s’inquiète de voir la période d’exploitation des films en salle écourtée, voire écartée, au profit d’une sortie directement sur Netflix.

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Le modèle économique de Netflix est directement en contradiction avec celui de la production et de la diffusion cinématographique en salle, qui emploie des centaines de milliers d’Américains, écrit-il dans sa missive.AILLEURS SUR INFO : Jolin-Barrette retire l’article controversé sur l’avortement de son projet de constitution

Il est donc directement en contradiction avec le modèle économique de la division cinéma de Warner Bros., l’un des rares grands studios de cinéma encore existants.

Ma carrière de réalisateur, qui s’étend sur 44 ans, a été consacrée à la réalisation de films destinés à la projection en salle, et je crois fermement que voir des films au cinéma constitue un pilier important de notre culture, sans parler du fait que c’est l’une de nos plus grandes exportations, d’un point de vue purement économique.Une citation de Le cinéaste James Cameron, dans une lettre adressée au sénateur Mike Lee

La diffusion en salle, un modèle dépassé, selon le patron de Netflix

Rappelons que Ted Sarandos, codirecteur général de Netflix, a déjà déclaré que le modèle de la diffusion en salle était « dépassé ». Lors de son témoignage devant la sous-commission sur l’antitrust, il s’est toutefois engagé à respecter une fenêtre d’exploitation en salle de 45 jours.

Mais, comme plusieurs joueurs de l’industrie, James Cameron demeure sceptique. Il soutient que Netflix changera probablement de cap dans quelques années.

L'homme tient un micro et parle sur une scène.

Ted Sarandos, codirecteur général de Netflix

Photo : Getty Images / Rachel Murray

Et si les cinémas voient leur fréquentation diminuer, c’est toute l’industrie qui en pâtira, selon lui. Si les productions phares ne sont plus approuvées parce que le marché se contracte davantage […], de nombreux emplois seront perdus, écrit-il.

Des salles fermeront. Moins de films seront produits. Des prestataires de services, comme les entreprises d’effets visuels, feront faillite.

Cette fusion réduira le choix des consommateurs en diminuant le nombre de longs métrages produits. Elle limitera les options des cinéastes à la recherche de studios pour financer leurs projets, ce qui aura à son tour pour effet de réduire les emplois.Une citation de Le cinéaste James Cameron, dans une lettre adressée au sénateur Mike Lee

Dans une entrevue accordée l’an dernier au balado The Town, Cameron affichait déjà sa préférence pour Paramount comme éventuel acquéreur de WBD. Je pense que c’est le meilleur choix, avait-il déclaré. Netflix serait une catastrophe.

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Au-delà des inquiétudes des cinéastes et de l’industrie du cinéma, la transaction proposée entre Netflix et WBD a soulevé d’autres questions réglementaires, notamment sur la fusion de deux des principaux services de diffusion mondiaux : Netflix et Max (anciennement HBO Max), division de WBD.

Netflix compte 325 millions d’abonnés dans le monde, alors que Max en comptait 128 millions en date du 30 septembre dernier. Les législateurs se sont déjà interrogés sur l’impact qu’une fusion de ces services pourrait avoir sur les consommateurs et les prix.

Warner préfère encore Netflix

Warner Bros. Discovery (WBD) a annoncé mardi ouvrir une période de sept jours de discussions avec Paramount, se terminant le 23 février, notamment pour clarifier les paramètres de son offre.

Netflix conserve le droit de s’aligner sur la nouvelle offre de Paramount, précise WBD dans un communiqué.

Le studio centenaire réitère dans l’immédiat sa préférence pour l’offre de rachat de Netflix, et annonce que l’assemblée générale extraordinaire lors de laquelle ses actionnaires devront trancher sur l’opération se tiendra le 20 mars.

La saga du rachat de Warner dure depuis plusieurs mois, opposant deux géants du divertissement. Fin octobre, Warner s’est officiellement dite ouverte aux offres de rachat avant d’annoncer, début décembre, un accord avec Netflix.

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