Un tribunal de Hong Kong a condamné ce lundi 9 février 2026 le magnat des médias prodémocratie Jimmy Lai, figure emblématique de la liberté d’expression dans l’ancienne colonie britannique, à une peine de 20 ans de prison. C’est la sanction la plus lourde prononcée sous la loi sur la sécurité nationale imposée par Pékin en 2020.

Âgé de 78 ans, fondateur du journal pro-démocratie désormais fermé Apple Daily, Jimmy Lai a été reconnu coupable de sédition et de collusion avec des forces étrangères, des chefs d’accusation que les autorités affirment avoir mis en danger la sécurité nationale.

La peine de 20 ans inclut des années déjà prononcées pour d’autres délits, ce qui signifie pour beaucoup qu’il risque de passer le reste de sa vie derrière les barreaux.

Réactions internationales et critiques

Cette condamnation suscite une large condamnation internationale. Des organisations de défense des droits humains, comme Human Rights Watch et Amnesty International, qualifient cette décision de « cruelle » et d’un coup sévère porté à la liberté de la presse à Hong Kong. L’ONU et l’Union européenne ont appelé à la libération immédiate de Jimmy Lai, notamment pour des raisons humanitaires liées à son âge et à sa santé.

Des gouvernements occidentaux, dont ceux des États-Unis et du Royaume-Uni, ont également dénoncé le jugement comme étant politiquement motivé et incompatible avec les normes internationales de liberté d’expression.

Défense des autorités de Hong Kong et de Pékin

Les autorités de Hong Kong et chinoises, elles, défendent la sentence, affirmant qu’elle reflète l’application de la loi et vise à protéger la sécurité nationale. Le chef de l’exécutif local a salué la décision comme une démonstration de l’État de droit, tandis que Pékin a averti contre toute ingérence étrangère dans les affaires judiciaires internes.

L’affaire de Jimmy Lai est devenue un symbole du déclin des libertés à Hong Kong depuis l’entrée en vigueur de la loi sur la sécurité nationale, et cristallise les inquiétudes quant à l’avenir des médias indépendants et du pluralisme politique dans la ville.