Après avoir boycotté le sommet du G20 de Johannesburg, le locataire de la Maison-Blanche vient d’annoncer qu’il n’inviterait pas l’Afrique du Sud à la rencontre du forum qui doit se tenir à Miami, en 2026.
Alors que Donald Trump s’est permis de malmener son homologue sud-africain, en mai dernier, dans le bureau ovale de Washington, il a annoncé son intention d’annuler l’invitation de Cyril Ramaphosa lors du prochain G20, qui doit se tenir à Miami, dans son fief floridien. En décembre 2026, le 47e président des États Unis entend donc ne recevoir, dans son golf – le « Trump National Doral Miami » –, que les dirigeants des 19 premières économies mondiales. A lire :
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Le sommet programmé dans un peu plus d’un an est pourtant la rencontre officielle d’un forum dont fait formellement partie Pretoria. Donald Trump a affirmé, ce mercredi sur son réseau Truth Social, que l’Afrique du Sud « a montré au monde qu’il n’était pas un pays digne d’être membre de quoi que ce soit ». Il tire ainsi le fil de son boycott du récent sommet sud-africain du regroupement intergouvernemental du G20, sommet de Johannesburg qui n’a connu aucune participation officielle américaine.
Prétendu génocide
Si la première économie du monde boude la première économie du continent africain, c’est parce que l’administration américaine accuse le gouvernement sud-africain d’organiser une prétendue persécution spoliatrice voire meurtrière des fermiers blancs. Notamment sous l’impulsion originelle de son collaborateur d’alors, Elon Musk, Donald Trump n’a pas hésité à évoquer un « génocide » des Afrikaners, les descendants des premiers colons européens.
Côté sud-africain, un collectif d’écrivains, d’universitaires, de chefs d’entreprise et de descendants de figures engagées contre l’apartheid a récemment publié une lettre ouverte intitulée « Pas en notre nom ». Les signataires afrikaners y assurent qu’aucune « menace existentielle » ne pèse sur les Sud-Africains blancs. Ils dénoncent même une instrumentalisation politique américaine dangereuse tout à la fois pour la société sud-africaine qui n’a pas besoin de divisions identitaires et pour les candidats légitimes au statut de réfugié qui voient, aux États Unis, les portes se fermer progressivement.
Migration et économie
Alors que l’administration américaine entend réduire l’accueil de réfugiés de 125 000 personnes par an, sous Joe Biden, à 7 500, Washington accorde une priorité aux Afrikaners. Des ressortissants de cette communauté ont déjà commencé à fouler le sol américain. Trump n’hésite pas à enclencher également les leviers économiques. À 30 %, les droits de douane réservés à l’Afrique du Sud sont les plus élevés infligés à l’Afrique subsaharienne. A lire :
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Du côté des autorités sud-africaines, Cyril Ramaphosa a refusé, au dernier sommet et comme le veut l’usage, de transmettre formellement la présidence du G20 au prochain pays hôte, c’est-à-dire les États Unis…
