Par Jean-Luc Kienge
La mine de Mulondo appartient à Fifi Masuka, gouverneure du Lualaba et Jean-Pierre Bemba, vice-premier ministre et ministre du transport,
Objet : Appel urgent à la vérité, à la justice et à la protection des creuseurs artisanaux à Mulondo
Monsieur le Ministre,
L’Association Américaine contre la Torture et l’Instrumentalisation de la Justice (ASTIJ) en association avec la Nouvelle Societé Civile du Kongo suivent avec une profonde inquiétude les événements tragiques survenus à la carrière minière de Mulondo, dans la province du Lualaba.
Selon plusieurs témoignages recueillis par nos réseaux locaux, des creuseurs artisanaux auraient été violemment dispersés par des éléments armés identifiés par certaines sources comme appartenant à la Garde présidentielle. Ces mêmes sources pointent également la responsabilité potentielle des autorités provinciales, notamment de Madame la Gouverneure Fifi Masuka, dans la gestion des opérations ayant précédé la fusillade.
La mort de nombreux creuseurs — certains rapports non confirmés évoquant un bilan pouvant dépasser 300 victimes dans l’ensemble des incidents en chaîne — constitue une tragédie humaine majeure qui exige une lumière totale.
Nous ne prétendons pas détenir la vérité absolue.
Mais nous portons la voix des familles endeuillées, des témoins et des survivants qui demandent :
- Qui a donné l’ordre ?
- Pourquoi des armes de guerre auraient-elles été utilisées contre des civils non armés ?
- Pourquoi aucune enquête indépendante n’a été ouverte jusqu’à ce jour ?
Monsieur le Ministre, vous êtes le garant du secteur minier, mais aussi un acteur central dans la protection de ceux qui en vivent. Les creuseurs artisanaux ne sont pas des ennemis de la République : ils sont des travailleurs, des citoyens, des pères de famille.
Nos demandes officielles :
- L’ouverture immédiate d’une enquête indépendante nationale et internationale pour établir les responsabilités dans les violences de Mulonde.
- La suspension provisoire de toute autorité civile ou militaire citée dans les témoignages, le temps que la vérité soit établie.
- La protection renforcée des creuseurs artisanaux contre les abus, intimidations et violences armées.
- La publication transparente des résultats des investigations, afin de rétablir la confiance entre l’État, les citoyens et les acteurs miniers.
La République ne peut pas continuer à fermer les yeux pendant que des Congolais meurent dans l’ombre des concessions minières.
Le silence serait une complicité morale.
La vérité, elle, est un devoir.
NSCK et l’ASTIJ réaffirment son engagement en faveur des droits humains et sa disponibilité pleine et entière pour collaborer avec votre ministère, ainsi qu’avec les institutions nationales et internationales compétentes, afin que justice soit faite et que de telles horreurs ne se reproduisent plus.
Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de nos sentiments respectueux et déterminés.
La Nouvelle Societé Civile du Kongo et ASTIJ – Association Américaine contre la Torture et l’Instrumentalisation de la Justice
Lettre ouverte rédigée par Jean-Luc Kienge
