Par Jean-Luc Kienge
Lubumbashi, RDC – Une vive controverse secoue la scène politique congolaise suite à l’inauguration par le président Félix Tshisekedi de plusieurs hôpitaux à Lubumbashi. Selon des sources proches de Moïse Katumbi, ces infrastructures sanitaires auraient en réalité été construites à l’initiative de l’ancien gouverneur du Katanga, bien avant l’arrivée au pouvoir de l’actuel chef de l’État.
Dans une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, un proche collaborateur de Katumbi dénonce une tentative de récupération politique. « Ces hôpitaux ont été bâtis par Moïse Katumbi lorsqu’il était gouverneur. À l’époque, le projet avait été bloqué sous Joseph Kabila à cause du dossier des ‘trois faux pénalités’. Il existe même des vidéos du jour où Katumbi a posé la première pierre », affirme-t-il.
Une récupération politique ?
Présentée comme une réalisation majeure du quinquennat Tshisekedi dans le secteur de la santé, cette inauguration soulève de nombreuses interrogations. Plusieurs voix, notamment dans le camp katumbiste, dénoncent une stratégie de récupération à visée électoraliste.
« Ce n’est pas Félix Tshisekedi qui a construit ces hôpitaux. Ce n’est pas son œuvre », insiste la source, qui affirme avoir sollicité une chaîne de télévision de Kinshasa pour diffuser des images d’archives montrant clairement l’implication de Katumbi dans le projet.
Il s’agit selon elle d’un effort délibéré de réécriture de l’histoire visant à effacer les contributions de Katumbi au développement du Grand Katanga. « Ce que fait Tshisekedi est injuste. Il s’approprie les œuvres d’un autre pour se donner du crédit politique », déplore-t-elle.
Le rôle des partenaires chinois
Un autre aspect de l’affaire concerne la participation de partenaires chinois dans la construction de ces hôpitaux. D’après les mêmes sources, c’est Moïse Katumbi qui avait exigé de ces partenaires, impliqués dans l’exploitation des ressources minières du Katanga, qu’ils investissent également dans des infrastructures sociales comme les hôpitaux.
« Il avait insisté pour que les Chinois ne se contentent pas de profiter du sous-sol katangais, mais qu’ils participent aussi au développement des communautés locales », explique notre interlocuteur.
Un appel à la vérité
Cette polémique relance un débat essentiel en RDC : à qui reviennent les mérites des projets de développement ? À ceux qui en posent les fondations ou à ceux qui les inaugurent ? À l’heure où la santé publique reste un enjeu crucial, la transparence sur la paternité des projets devient un impératif démocratique.
« Qui vivra verra », conclut notre source. « Tshisekedi doit cesser de s’approprier les réalisations de Moïse Katumbi dans le Grand Katanga. »
